Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 22:17

Lors de sa vingtième édition (du 20 au 23 juillet 2006), le festival "Chalon dans la rue" a trouvé la recette du succès avec, notamment, le choix original d'un spectacle franco-coréen Sortie de cuisine, par les compagnies Ilotopie (française) et Homo Ludens (coréenne). Une première qui a traduit la diversité des arts coréens, essentiellement connus en France à travers la culture traditionnelle et le cinéma, par l'accent ainsi mis sur les spectacles de rue.

Sortie de cuisine, fruit de la collaboration de deux compagnies, Homo Ludens (sud-coréenne) et Ilotopie (française, basée à Port Saint Louis du Rhône), a tourné en France et en Europe (en juillet-août 2006, notamment au festival transnational des artistes de la rue "Chalon dans la rue"), puis en Corée et en Asie (en septembre-octobre 2006). Mettant en scène l'espace urbain, au milieu du public, ce spectacle se lit comme la rencontre entre deux cultures différentes, ainsi décrit par ses créateurs :

"Prenez, dans deux compagnies bien vivantes, 4 parts du genre ilotopie, venant d’Europe, et 4 parts d’espèce homo ludens venant d’Asie. Brassez l’ensemble 9 à 10 semaines environ, tout en préservant le bouquet particulier de chaque origine. Goûtez souvent pour contrôler la préparation. La recette est réussie lorsque aucune sauce n’est nécessaire. Servir chaud dans un espace urbain au milieu du public".


Le spectacle témoigne aussi de la vitalité de la création artistique coréenne contemporaine, au-delà des arts traditionnels et du cinéma, nettement plus connus ici que les spectacles de rue coréens, ainsi que de son ouverture sur les formes d'expression occidentales. De fait, la France reste une destination privilégiée des étudiants coréens en art, qui forment près de la moitié de la communauté coréenne étudiante dans notre pays.

Créé avec le soutien, notamment, des villes coréennes de Gwacheon et française de Chalon-sur-Saone, Sortie de cuisine est un spectacle comportemental et visuel qui intègre, dans ses ingrédients, quelques phrases en français et en coréen (photo Karwan).


Direction artistique : B. Schnebelin et G-H. Nam

Coproduction : Festival de Gwacheon, L’Abattoir - Ville de Chalon-sur-Saône, Compagnie Ilotopie
Avec le soutien de : L’AFAA, l’Ambassade de France à Séoul le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Ministère de la Culture et de la Communication (France), le Ministère de la Culture et du Tourisme (Corée) 

Voir les
premières images des représentations à "Chalon dans la rue" (du 21 au 23 juillet 2006)

Sources : Le Bien Public,
Ilotopie.

Partager cet article

Repost0
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 12:14

Au début des années 1950, quelque part dans un village au nord de la Corée, des villageois tentent de reprendre une vie normale, malgré la guerre... Telle est la toile de fond de la pièce Les Coréens de Michel Vinaver, dans la première adaptation de la pièce réalisée à ce jour en Corée du Sud, et que nous donne à découvrir le Théâtre de Bourgogne (Parvis Saint-Jean) les 14, 15 et 16 mai 2009, dans le cadre du festival Théâtre en mai. 

Guerre de Corée (1950-1953). Des villageois nord-coréens, à Yu-won, attendent les troupes de l'Armée populaire de Corée, après les bombardements américains qui ont causé de nombreux morts. A ces éléments de base de l'intrigue de la pièce
Les Coréens s'ajoute un élément inattendu : une petite fille du village découvre un caporal français blessé, parmi cinq soldats français perdus. La petite fille va aider le soldat français à enterrer un soldat américain et lui demandera de retrouver le corps de son frère mort... 

La pièce Les Coréens retrace ainsi une histoire peu banale, dans le contexte politique de la Corée depuis 1945 : commandée par Gabriel Monnet deux ans après la fin de la guerre de Corée (1950-1953) à Michel Vinaver alors âgé de 28 ans, initialement intitulée Aujourd'hui puis Aujourd'hui les Coréens, elle ne sera mise en scène qu'une fois, à Lyon, en 1956, par Roger Planchon, avant un long purgatoire car reçue en Corée du Sud comme trop favorable à la Corée du Nord : c'est en 1991 qu'elle sera traduite en coréen, 1993 qu'elle est publiée en France par Actes Sud, puis en 2006 qu'elle a été enfin jouée en Corée par la compagnie Wuturi, dans une version que donne aujourd'hui à découvrir le Théâtre du Parvis Saint-Jean, à Dijon, les 15, 16 et 17 mai 2009.

L'AAFC-Bourgogne vous invite à découvrir plus qu'une pièce politique, une pièce sur la politique, qui traduit le drame poignant de la division d'une nation, et d'êtres humains pris en tenaille entre deux camps ennemis.

Source principale :  L'acteur public. Journal du Théâtre Dijon-Bourgogne (TDB), n° 3, 12 avril 2009, p. 4.

Les Coréens, d'après l'oeuvre de Michel Vinaver
Mise en scène Marion Schoevaert et Byun Jung Joo
Avec Ko Ki Hyug, Seo Sang Won, Moon Jeong Soo, Kim Wan, Kim Hyun Jung, Kong Sang A, Park Jun Mi, Oh Yujin, Jee Hyun Jun, Ahn Byung Chan, Sung Youl Suk, Lee Jin, Yang Jong Yook

Tarifs :  5.50 à 15 euros

Renseignements : 03 80 30 12 12

 

Date : Le 14 Mai à 19h00, Le 15 Mai à 19h00, Le 16 Mai à 19h00
Lieu
: Parvis Saint-Jean

Rue Danton 21000 Dijon
Tel : 03 80 30 47 47 - Fax : 03 80 30 01 89 - Réservations : 03 80 68 12 12

Partager cet article

Repost0
14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 10:25

En juin 2008, l'AAFC-Bourgogne vous présentait Jongmyung Hwang, jeune artiste coréen formé en Bourgogne. Jongmyung Hwang est de retour en France, où il expose à la Cité internationale des arts du 19 au 28 mars 2009.

Jongmyung Hwang s'est spécialisé dans le portrait, reflet de l'âme humaine. Cet artiste formé à Dijon, où il a vécu plusieurs années avant de retourner en Corée du Sud, a évolué d'un style initial proche, notamment, d'un Francis Bacon vers un art encore plus personnel, où s'effacent les détails physiques sur un fond plus dépouillé , caractérisé par de larges aplats de couleur, qui rappelle toutefois encore Francis Bacon.

Le jeu des lumières et les contrastes de couleurs vives, volontiers fluorescentes, créent des portraits saisissants de réalisme. Il s'agit à la fois de portraits anonymes, où chacun peut s'identifier, et de portraits très personnels. Jongmyung Hwang travaille à partir de photos, mais largement reprises, agrandies, en s'efforçant de rendre une sensibilité propre à chacune des personnes dont il a fait le portrait.

L'AAFC-Bourgogne vous invite à découvrir Jongmyung Hwang à la Cité internationale des arts (salles E.M. Sandoz et M. David-Weill, 18 rue de l'Hôtel de Ville), du 19 au 28 mars 2009 (de 14h à 19h, vernissage le mercredi 18 mars de 18h à 20h30, entrée libre), parmi une sélection d'artistes contemporains :
 


Partager cet article

Repost0
21 janvier 2009 3 21 /01 /janvier /2009 21:26

Le parcours d'Eun-ja Kang est peu banal : Coréenne, elle a choisi d'écrire en français puis de venir vivre en France où, après avoir soutenu sa thèse à Dijon, cette Bourguignonne d'adoption a immédiatement connu le succès avec ses deux premiers romans, Le Bonze et la Femme transie et Les Promis.

Née à Haenam, en Corée du Sud, le 16 novembre 1966, Eun-ja Kang est tombée amoureuse de notre langue au lycée, à seize ans, et a choisi de consacrer ses études puis sa carrière littéraire à la langue de Molière. Eun-Ja Kang a dit de cette rencontre "Le français est arrivé jusqu'à ma ville natale, Hae-Nam, en Corée, aux confins de la terre et la mer, là-bas, en Extrême-Orient. Je n'avais pas encore seize ans quand je suis éperdument tombé amoureuse de lui. Depuis, je l'ai aimé, et je n'ai aimé que lui. Tous les choix que j'ai faits dans ma vie, c'était pour vivre cet amour". 

Après l'obtention en 1989 d'une licence de langue et littérature françaises, Eun-ja Kang a rejoint la France, et plus particulièrement la Bourgogne : après la soutenance, à Dijon, en janvier 2002, de sa thèse intitulée La Négation du monde réel : du désir à la perversion chez André Breton et Yi Sang, elle a publié, en avril 2003, Le Bonze et la femme transie aux éditions Fayard (réédité en 2005 au Livre de Poche et par A vue d'Oeil). Ce premier roman a reçu en octobre 2003 le prix Bourgogne, décerné par la Société des Auteurs de Bourgogne pour récompenser une oeuvre de fiction. Le second roman de Eun-ja Kang, Les Promis, a été publié en 2005 par Fayard, récompensé en mai 2006 par Colophon comme le meilleur second titre.

Le Bonze et la femme transie, dont le manuscrit avait pour titre originel La Vallée de la Prospérité, est l'histoire d'un jeune noble qui, en choisissant la carrière monastique, espérait une vie facile avant d'être finalement transformé par les épreuves auxquelles l'a confronté son choix de vie. Ce roman français d'une écrivain coréen a été traduit... en coréen, par l'ancien professeur de français de Eun-ja Kang, et publié à Séoul en octobre 2004.

Les Promis est le récit de deux jeunes gens, Yuki et Takahito, promis au mariage par leurs pères respectifs avant même de naître, et qui seront pris dans le tourbillon de l'histoire du Japon militariste de l'entre-deux-guerres.


L'AAFC Bourgogne vous invite à découvrir Eun-ja Kang, dont la belle langue française invite à une réflexion sur l'identité et le destin des êtres humains, dans ces premiers deux romans où l'exacerbation des sentiments rappelle irrésistiblement la littérature et le cinéma coréens. 
 

Sources : wikipédia, une critique du Bonze et la femme transie sur le site "Entre France et Corée" (présentation très détaillée, comportant d'autres critiques littéraires), présentation des Promis sur le blog Quartier d'été

Partager cet article

Repost0
13 janvier 2009 2 13 /01 /janvier /2009 10:00

Artiste coréenne vivant et travaillant à Dijon, diplômée de l’Université de Hong-Ik à Séoul et de l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Dijon, Jin-Kyung Lee expose à l'Association Bourguignonne Culturelle (ABC) du 20 novembre 2008 au 1er février 2009. L'AAFC-Bourgogne vous invite à découvrir l'exposition "Pro:Création",  qui montre un travail très élaboré sur les formes organiques. Nous reproduisons ci-après la critique d'Ursula Hurson.

« Dans l’univers pictural de l’artiste coréenne Jin-Kyung Lee, on trouve aussi bien des dessins d’une extrême délicatesse, exécutés patiemment au crayon de papier que des peintures à la technique spontanée et rapide, où la peinture acrylique côtoie l’encre de chine et se mêle à des taches d’huile (que l’artiste laisse en transparence sur le papier). Cette dualité dans le choix des moyens correspond à la curiosité de l’artiste portant à la fois sur des phénomènes microscopiques que sur les énergies éruptives de données cosmiques ; mais toujours prévaut la passion pour une trame, une structure, une forme saisissant une essence morphologique in statu nascendi.

Ainsi une tache de couleur rappelant une configuration organique reste comme suspendue, du moment que l’artiste considère sa raison d’être accomplie, et un dessin infiniment subtil de minuscules étamines par exemple se place à côté de cette tache tel un organisme vivant qui s’articule dans son une urgence formelle. Jin-Kyung Lee crée toujours par un besoin profond et scrute le moment où le début chaotique et informel d’un « truc » (comme elle le dit) se métamorphose en forme génératrice d’énergies. Peu importent le format, souvent très grand, le moyen, plutôt simple, et le support, de préférence le papier, il y a toujours même dans la plus simple esquisse cette présence intense de son formidable élan créateur.

Jin-Kyung signifie « le vrai paysage » en coréen.

Jin-Kyung Lee, née en Corée du Sud, a fait ses études à l’Université de Hong-Ik à Séoul et à l’Ecole Nationale des Beaux Arts de Dijon. Elle vit et travaille à Dijon ». Ursula Hurson

Informations pratiques :

Exposition ''Pro:Création'' par Jin-Kyung Lee
A l'Association Bourguignonne Culturelle (ABC), 4 passage Darcy.
Du 20 novembre 2008 au 1er février 2009 : du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 14h à 19h, le samedi de 10h à 12h et de 14h à 18h. Entrée libre.
Tèl : 03 80 30 98 99, Email : accueil@abcdijon.org
Site Internet : http://www.abcdijon.org. Présentation de l'exposition sur le site à cette adresse.


Sources : ABC (photo), site Internet poursortir.com.

Partager cet article

Repost0
18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 20:23
Pour tous les amateurs des arts d'Orient, le musée Guimet est l'équivalent du Louvre : dans son ensemble exceptionnel de pièces asiatiques, les collections coréennes sont les troisièmes plus riches, après celles de la Chine et du Japon. Mais se souvient-on que, pendant les travaux de rénovation du musée Guimet, ses collections ont été déposées, entre autres, au Musée des Beaux-Arts de Dijon ? Un ouvrage, "Ages et visages de l'Asie", rend compte de ce passé pas si lointain où la ville de Dijon a été, un temps, l'une des capitales françaises de l'art asiatique...

En 2001, la réouverture du musée Guimet, "le Louvre des arts asiatiques", a permis de rendre aux collections coréennes la place qu'elles y avaient occupé dès l'origine, avant d'être éclipsées d'autres arts orientaux, où elles font désormais l'objet d'un espace d'exposition de 360 m2 (sur un ensemble de 5.000 m2 pour tout le musée), contre seulement 69 m2 dans les années 1970 et 1980). Créé en 1889, le musée Guimet avait en effet exposé dès 1893 de nombreuses pièces ramenées de Corée par Charles Varat en 1888.

Pendant les travaux de rénovation du musée Guimet, quelque cent-cinquante pièces avaient été déposées au Musée des Beaux-Arts de Dijon, jusqu'au 28 octobre 1996. De ce dépôt exceptionnel il reste aujourd'hui, une documentation écrite, "Ages et visages de l'Asie", de J.-P. Desroches, publiée dans la revue Connaissance des arts (n° 530), en 1996, par la Société française de promotion artistique.

Une occasion de retrouver l'exposition exceptionnelle d'art asiatique qui a alors eu lieu à Dijon, mais aussi de retracer les récits des explorateurs qui ont permis la constitution des collections du Musée Guimet, fondé d'abord à Lyon par un industriel de cette ville, Emile Guimet, en 1879, avant leur installation dans l'actuel musée parisien en 1889. (Sources : Pierre Cambon, "L'art coréen au usée Guimet", RMN, 2001, et site des publications du CNRS)

Partager cet article

Repost0
3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 22:05

Serge Chaumier, professeur à l'Université de Bourgogne, a publié un article consacré aux musées de Corée du Sud dans La lettre de l'OCIM (Office de coopération et d'information muséographiques) de mars-avril 2007. L'AAFC-Bourgogne reproduit ci-dessous l'article du professeur Serge Chaumier, en soulignant tout particulièrement sa conclusion : "Si des collaborations existent entre l’université de Bourgogne et des universités coréennes, nous ne pouvons qu’encourager les institutions muséales à entreprendre de développer des collaborations à l’avenir, car la France a beaucoup à apprendre de ce dynamisme coréen".

Si l’icône traditionnelle de la Corée est le pays du matin calme et serein, sa devise contemporaine est celle du « pays dynamique ». En effet, avec un taux de croissance d’environ 5 % (encore à 10 % en 2000), ce petit pays d’à peine 50 millions d’habitants, dont plus du tiers réside dans la capitale, est en plein développement économique, mais aussi culturel. Car ce pays capitaliste n’a oublié ni la formation, avec plus de 200 universités à Séoul, et 90 % d’une classe d’âge étudiante, ni l’importance du développement culturel. Ainsi après avoir investi dans l’industrie et les services, une conscience vive de devoir se positionner comme un levier culturel en Asie conduit non seulement à l’investissement privé, mais aussi public. La culture est considérée comme un secteur essentiel pour peser sur la scène internationale. Aussi les centres des arts, les théâtres, les salles de concert, les musées, galeries et expositions se sont multipliés depuis dix ans. La seule Séoul National Université est entourée d’une quarantaine de théâtres, de toutes sortes, commerciaux ou publics et plus exigeants dans leurs programmations. Il n’y a pas à Séoul un centre ville qui regroupe les institutions culturelles, mais des quartiers nombreux dont chacun possède ses propres atouts. Flambants neufs, tous ses équipements sont fréquentés avec avidité par une population nombreuse.

Ce qui frappe en visitant les musées de Séoul, c’est non seulement leur modernité et souvent leur récente rénovation, mais c’est la présence massive des enfants, que ce soit en groupe scolaire, ou en visites individuelles avec leurs parents. La co-éducation y est courante, puisque la visite des musées fait partie d’une sortie habituelle qui ne revêt pas un caractère exceptionnel. Les fins de semaine sont ainsi régulièrement occupées à des visites culturelles familiales. Il faut préciser que l’accès en est facilité par un prix d’entrée très peu élevé, voire dérisoire, de l’ordre de 1 à 2 euros, dans un pays au niveau de vie largement comparable à celui de la France. Terrain d’exploration de la culture, les musées sont des instruments pour accompagner le développement individuel et compléter un parcours scolaire objet de toutes les préoccupations parentales. Car le budget pour l’éducation arrive en tête des dépenses des familles. Pour cette raison, les services éducatifs sont très développés, et rares sont les musées qui ne proposent pas des espaces ou des médiations spécifiques, voire un musée pour enfant en lien avec le musée principal. C’est le cas, aussi bien au National Folklorique Muséum qu’au musée national de Corée.


Les musées les plus nombreux sont ceux qui présentent l’identité coréenne, avec des musées d’arts et traditions populaires, mais aussi des musées d’arts traditionnels. Ainsi de très belles collections d’objets religieux bouddhistes, d’estampes et de calligraphies, mais aussi d’arts décoratifs, avec les céladons et porcelaines, sont présentes dans de nombreuses institutions. Ce qui est remarquable, c’est leur mise en valeur, avec des présentations rénovées ou conçues très récemment dans des écrins réalisés par de grands noms de l’architecture internationale.


Le musée national de Corée (
www.museum.go.kr/eng/index.jsp) implanté depuis 2005 dans un nouveau bâtiment de 100 000 m2 abrite une partie des trésors nationaux, mais aussi plus largement des arts asiatiques, dans un grand parc aménagé. Si les musées publics sont nombreux, les galeries et musées de fondation rivalisent en faire valoir. Ainsi les épouses des grands dirigeants d’entreprise s’adonnent aux collections d’arts et s’enorgueillissent de les montrer avec le plus d’éclat. À ce titre la Fondation Samsung de Leeum est emblématique.

Dans trois bâtiments signés par Rem Koolhaas, Mario Botha et Jean Nouvel, inaugurés en 2004 et 2006, des magnifiques collections d’arts sont mises en valeur avec une muséographie où le luxe des matériaux entend signifier l’importance de la collection et de son propriétaire. Si dans ce cas, l’entrée y est sélective et onéreuse, le lieu dévoile à l’extrême la montée en puissance d’une société tout entière. Car loin d’être exceptionnel, c’est plutôt le phare d’une tendance plus générale. Même les universités disposent de leur musée, ainsi la Korea University dont le musée inauguré en 2005 regorge de trésors présentés dans une très belle scénographie.


La Corée est, comme beaucoup de pays d’Asie, très friande de l’art occidental, et de nombreuses expositions sont ainsi présentées, par des musées ou par des sociétés privées qui disposent ainsi d’un commerce prisé. Lors de notre passage, une exposition
  Magritte au Séoul Muséum of Art, une autre intitulée De Van Gogh à Picasso, avec les collections du musée d’arts de Cleveland montrées dans un grand complexe des Arts, Niki de Saint Phalle au musée d’Art contemporain ou encore une exposition de 70 tableaux de paysage en provenance des collections du Louvre au musée national de Corée attiraient toutes un public très nombreux et très disciplinés. Les files d’attente et l’observation des publics durant les visites dévoilent une attention soutenue et méthodique. Une effervescence et une impatience à se confronter à de nouveaux contenus est manifeste comme souvent dans les pays jeunes qui ont connu il y a encore peu de temps des régimes autoritaires où la culture était peu favorisée. Un appétit remarquable envers la culture est appréciable, puisque le public y est majoritairement coréen et composé de très peu de touristes. Les grandes expositions internationales sont accueillies à Séoul avec beaucoup d’attentions et de ferveur.

L’autre composante essentielle de la muséographie coréenne réside dans les musées et galeries d’Art contemporain. Si la Fondation Samsung présente également un second musée d’Art moderne et contemporain, juxtaposé au premier, ainsi que des expositions temporaires, d’autres galeries très nombreuses font le choix de montrer la jeune création et de miser sur un art largement internationalisé (ainsi Artsonje Center, la galerie de Kumho ou encore le Sejong Center for Performing Arts). Le musée d’Art contemporain de Séoul (www.moca.go.kr/Modern/eng/main.html), installé à la lisière d’un parc d’attractions à Gwacheon, dans un bâtiment prestigieux et imposant, entouré d’un parc de sculptures, présente des oeuvres de la création coréenne, mais aussi une savante sélection d’artistes internationaux. L’artiste Nam-June Paik y a évidemment et légitimement une place de choix.


Le projet gouvernemental actuellement en cours de réalisation à Gwangju, au Sud du pays, s’appuie sur une biennale d’Art contemporain de bonne renommée, mais aussi sur une forte volonté politique de peser dans la création contemporaine en Asie. Avec environ 85 000 m
2, le complexe culturel vise à repenser entièrement l’urbanisme de la ville, à partir de ce centre, et d’offrir un lieu de maturation à des projets artistiques, un mémorial compte tenu des événements historiques dramatiques qui s’y sont déroulés pour l’histoire du pays, ainsi qu’un lieu de ressource pour les habitants. L’espace de préfiguration montre déjà l’ambition du projet et son insertion dans les problématiques esthétiques contemporaines. La réalisation en est attendue pour 2010.

Même si ils sont moins nombreux les musées d’Histoire et d’Ethnographie sont également présents, avec des sites plus discrets mais tout autant fréquentés, notamment par les scolaires. Le musée d’Histoire de Séoul (www.museum.seoul.kr), inauguré en 2002, n’a rien à envier aux plus modernes centres d’interprétation Québecois, il permet la lecture d’une ville et de son urbanisme à partir de ses palais royaux et de ses temples qui en ont constitué le coeur.

Des bornes multimédias, en chinois, japonais, anglais et même en français permettent aux visiteurs étrangers de suivre le discours de Séoul au travers des âges jusqu’à la partie contemporaine, il est vrai moins présente. Inauguré en 1992, le musée du Palais sur le site de Gyeongbokgung propose également une interprétation de la vie dans la cité royale à partir des collections historiques de l’époque du royaume de Joseon (1392-1910), mais aussi des rites ancestraux, de la science et la médecine. Dans le même endroit, le National Folk muséum (www.nfm.go.kr:8080/french/french1.htm), présente des dioramas extraordinaires de la vie quotidienne, de l’artisanat et des métiers d’art. Rénové en 1993, il est accompagné lui aussi d’un musée pour enfants. Le visiteur attentif pourra également visiter le musée de la musique traditionnelle coréenne, qui déçoit sans doute par sa muséographie désuète, bien que récente, datant de 1995, mais malgré tout logé dans un bâtiment original. Un document d’aide à la visite très complet et très soigné y est remis gratuitement, le lieu étant par ailleurs d’accès libre.

Notons un endroit très curieux et assez morbide pour nos habitudes occidentales, dans l’ancienne prison de Seodaemun. Lieu de détention, mais aussi de torture des Coréens par les miliciens japonais lors de l’occupation, et par conséquent lieu de mémoire et de commémoration pour la population, le projet muséographique n’a pas hésité à produire des ambiances reconstituées. Le traumatisme est exorcisé et les Japonais stigmatisés dans les différentes scènes de torture présentées. Des dioramas avec des personnages qui plus est animés de mouvements et poussant même des cris produisent un effet absolument effrayant sur le visiteur. Les cachots sont ainsi peuplés de présences plus abominables les unes que les autres, dévoilant la brutalité de l’occupant et appelant à se recueillir sur les martyres nationaux. Évidemment, la démonstration n’est pas exempte de positions clairement idéologiques, comme toujours dans les lieux de mémoire de ce type. La visite si elle produit beaucoup d’émotions et laisse dans un grand malaise est fort intéressante d’un point de vue muséologique. Remarquons que les groupes scolaires très nombreux dans la place ne semblent pas ressortir traumatisés de l’expérience.

Les musées de sciences sont un peu les parents pauvres, mais malgré tout, le musée de Science de Séoul, plus ancien puisque datant de 1972, est un bâtiment immense de quatre étages, auquel s’ajoute un autre immeuble pour les services et les expositions temporaires (lors de notre passage était présentée une exposition sur les machines de Léonard de Vinci).


Si la scénographie est étonnante, faisant un peu penser à un magasin d’arcades où les jeux seraient remplacés par des manips, du fait de leur alignement indépendantes les unes les autres, ce lieu destiné aux enfants connaît également une fréquentation impressionnante. Des animateurs nombreux proposent des expériences dans des ateliers pédagogiques ouverts à tous, aux groupes comme aux individuels. Il est à noter aussi qu’au pays des écrans plats et de la technologie, les manips nombreuses dans les musées que nous avons eu l’opportunité de visiter ne sont pas très souvent électroniques. Elles font plutôt appel à l’inventivité, à la construction mécanique et au montage et démontage, comme si le musée devait présenter autre chose que des écrans, par ailleurs omniprésents dans la vie quotidienne.

La partie Science naturelle est un peu surprenante pour un habitué des muséums français, puisque les concepteurs n’hésitent pas à mettre en scène dans des dioramas aquatiques des poissons en plastique, ce qui présente un avantage sérieux pour l’identification par cartels ! L’entretien est évidemment facilité par rapport à nos aquariums habituels ! Les autres animaux sont présentés dans des dioramas plus classiques. Un nouveau projet de muséum est à l’étude et devrait voir le jour à Séoul dans les prochaines années. Pour le moment, ce sont plutôt les musées en région qui présentent la nature coréenne. Car les parcs sont nombreux, comme le sont les sites patrimoniaux, dont sept inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Il faut également mentionner que l’art en espace public est également présent, bien qu’inégalement selon les quartiers, ceci grâce au système du 1 % sur les constructions publiques, mais aussi privées, ce qui a permis d’égayer de sculptures de nombreuses rues et de sensibiliser ainsi la population à l’art dans son quotidien. La réhabilitation et l’aménagement de l’ancien passage de la rivière Cheonggyecheon au centre ville témoignent d’une volonté de rénovation urbaine, mais aussi d’intégrer la dimension artistique et culturelle au coeur de la cité, avec des expositions  in situ en espace extérieur sur le patrimoine, des installations et des scènes pour le spectacle vivant.


Face à ce développement remarquable, il est souhaitable que des échanges puissent se concrétiser entre la France et la Corée, car il est certain que des apports réciproques peuvent être bénéfiques. Si des collaborations existent entre l’université de Bourgogne et des universités coréennes, nous ne pouvons qu’encourager les institutions muséales à entreprendre de développer des collaborations à l’avenir, car la France a beaucoup à apprendre de ce dynamisme coréen. Mentionnons que la Fondation Koréa (
www.koreana.or.kr) publie une luxueuse revue sur les arts et la culture en Corée en langue française pour initier ceux qui ont envie de mieux connaître ce pays.

Serge Chaumier

Professeur à l’université de Bourgogne

Centre de recherche sur la Culture, les Musées et la Diffusion des Savoirs

Partager cet article

Repost0
5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 23:34

Des musiciens coréens espérantophones ? Une association a priori peu fréquente, mais qui caractérise pourtant le groupe Akomda, lors d'un concert qu'il a donné à Quetigny, dans l'agglomération dijonnaise, le 21 mai 2005.

Le 21 mai 2005, le groupe coréen Akomda a donné un concert à Quetigny, à l'invitation du dynamique club d'espéranto du centre social et culturel Léo-Lagrange de la cité des Cousis, dans le cadre d'une tournée européenne qui a conduit Akomda en Allemagne, en Bourgogne et à Lyon.

Une rencontre qui n'était pas le fruit du hasard, puisque des musiciens du groupe Akomda sont espérantophones. En effet, la Corée du Sud est loin d'être une terre de mission pour l'espéranto, langue internationale construite qui a été conçue à la fin du dix-neuvième siècle par le docteur Zamenhof, dans le but de faciliter la communication internationale sur une base commune, et dont l'apprentissage est facilité par une grammaire logique et un vocabulaire simple.  L'association coréenne d'espéranto (en espéranto Korea Esperanto-Asocio, ou KEA) a en effet été fondée dès 1920, tandis que des artistes, écrivains et cinéastes, s'étaient regroupés au sein de la Korea Artista Proletaria Federacio, dans leur résistance à l'occupation japonaise de la Corée (1910-1945).

Résolument internationaliste, le groupe Akomda perpétue cette tradition, en utilisant des instruments d'origines culturelles très diverses (djembé, derbouka, guitare, violon, mandoline, xylophone, mélodica) : la musique métissée d'Akomda est à l'image de la diversité linguistique que reflète l'espéranto.

Références :
- "Le lien de l'espéranto de France en Corée", article paru dans Le Bien Public-Les Dépêches, édition du 26 mai 2005 ( y compris source photo).
- Association coréenne d'espéranto, article de l'encyclopédie wikipédia.
- Présentation de l'association coréenne d'espéranto sur le site de l'Association mondiale d'espéranto (acronyme espérantiste : UEA).
-

Partager cet article

Repost0
24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 00:45

Faton est un éditeur spécialisé bourguignon, dont le siège est situé à Dijon. Parmi ses publications, l'AAFC-Bourgogne a relevé un ouvrage ancien, mais toujours de référence, sur l'architecture des pagodes en Corée.

Art, archéologie, histoire, sport, jeunesse... si l'éditeur dijonnais Faton, situé 25 rue Berbisey à Dijon, a plus d'une corde à son arc, il s'est spécialisé de longue date dans les ouvrages et les magazines dédiés aux beaux-arts.

C'est dans ce cadre que l'AAFC-Bourgogne recommande un ouvrage aux éditions Faton, certes ancien - il date de 1964 ! - mais qui traite de manière approfondie d'un sujet historique toujours d'actualité : l'architecture des pagodes en Corée. Son auteur, F. Chauvin, retrace leur évolution depuis l'époque des Trois Royaumes jusqu'à la fin du neuvième siècle, sous l'ère Silla.

Depuis l'introduction du bouddhisme en Corée, au quatrième siècle de notre ère, les matériaux de construction des pagodes ont évolué : si les plus anciennes étaient en bois, la brique a été adoptée dès le septième siècle, sous l'influence notamment de la Chine, avant les constructions en granit qui sont devenues typiques de l'art coréen.

Les pagodes de Corée constitue un ouvrage de référence, pour tous les spécialistes de l'architecture coréenne.



Partager cet article

Repost0
8 octobre 2008 3 08 /10 /octobre /2008 19:18

Coréen, Kim Sung-soo (NDR - à ne pas confondre avec son homonyme, peintre) a vécu et travaillé pendant plusieurs années à Dijon. L'AAFC-Bourgogne souhaite présenter un artiste original, dont l'oeuvre, qui se situe entre minimalisme et surréalisme, a été mise en valeur dans une exposition au Centre culturel coréen, du 16 avril au 24 mai 2008.

Après des études de photographie à l'Université Chung-Ang, à Séoul, Kim Sung-soo s'est établi à Dijon, où il a développé une oeuvre photographique qui se situe dans le double héritage du minimalisme et du surréalisme.

L'exposition "Miroir-Mémoire", qui s'est tenue du 16 avril au 14 mai 2008 au Centre culturel coréen, convie à une interrogation sur l'identité, mais aussi sur l'incommunicabilité entre les êtres. Les séries de masques anonymes, limitées à la représentation des bustes suivant une technique recourant délibérément à l'image floue, interpellent, dans un sentiment d'étrange beauté.

Malaise dans les relations humaines ? Oui, mais suivant une perception documentaire, délibérément neutre, qui donne d'abord à voir le masque des sociétés contemporaines.

Kim Sung-soo s'inscrit ainsi dans le courant de la création contemporaine coréenne, où la question de l'identité est par exemple l'un des fils directeurs de l'exposition « Métamorphoses - Trajectoires coréennes » à l’Espace Louis Vuitton, du 1er au 31 décembre 2008 (*). L'oeuvre de Kim sung-soo conjugue toutefois aussi avec talent les influences occidentales, et en particulier les représentations issues de la statuaire grecque classique.

(*) Artistes: Do Ho Suh, Beom Kim, Hyungkoo Lee, Ham Jin, Sookyung Yee, Yong-seok Oh, Heryun Kim, Jeon Joonho, Suejin Chung, Flying City.

Partager cet article

Repost0

Présentation

  • : Association d'amitié franco-coréenne
  • : Comité Bourgogne-Franche-Comté
  • Contact

Traduction automatique

French to Albanian  French to Arabic  French to Bulgarian  French to Chinese (Simplified)  French to Croatian  French to Czech  French to Danish

French to Dutch  French to English  French to Estonian  French to Finnish  French to German  French to Greek  French to Hebrew

French to Hindi  French to Hungarian  French to Indonesian  French to Italian  French to Japanese   French to Latvian  French to Lithuanian

French to Norwegian  French to Polish  French to Portuguese  French to Romanian  French to Russian  French to Serbian  French to Slovak

French to Slovene  French to Spanish  French to Swedish  French to Thai  French to Turkish  French to Ukrainian  French to Vietnamese

Attention !
Une traduction automatique
peut contenir des erreurs...

Recherche

Visiteurs

outils webmaster
Locations of visitors to this page